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Le vocabulaire péruvien du quotidien : grifo, chompa, pata, al toque

Un grifo est une station-service, une chompa est un pull, et de repente signifie « peut-être » et non « soudain ». Le vocabulaire péruvien du quotidien mêle emprunts quechuas, argot de Lima et quelques mots qui existent ailleurs avec des sens tout autres.

regionalA2, B1RégionalVérifiév0.1.0

Explication

Commencez par les mots dont vous aurez besoin dès le premier jour et que vous ne devineriez pas. Un grifo est une station-service — le sens de robinet existe, mais ce n'est pas ce qu'un Péruvien veut dire. Une chompa est un pull (de l'anglais jumper, non du quechua), un polo est un tee-shirt, et une casaca un blouson. Une combi est le petit minibus privé qui assure l'essentiel du transport urbain, et pour y monter on vous dira sube nomás. Al toque signifie tout de suite, et ahorita — comme en Colombie et à l'inverse du Mexique — penche vers « bientôt » plutôt que « à l'instant ». Jato est une maison ou un endroit où dormir, et jama la nourriture en registre familier.

Le vocabulaire social est dense et majoritairement né à Lima. Pata est un pote, et un proche est un pata del alma ; causa signifie aussi ami, emprunté à l'argot depuis le nom du plat. Chibolo est un gamin, pituco un bourgeois, misio fauché, et huachafo qualifie ce qui est kitsch d'une manière précisément liée à la prétention sociale, sans équivalent net en français — c'est l'un des mots les plus péruviens qui soient. Bacán et chévere signifient tous deux « génial ». Chamba est le travail et chambear travailler, partagés avec le Mexique. Un cachuelo est un petit boulot. Tombo est un policier, et asu ou asu mare une exclamation générale de surprise.

Viennent ensuite les pièges. De repente signifie au Pérou « peut-être » : de repente vengo veut dire « je viendrai peut-être », non « soudain j'arrive » — ce qui piège les apprenants qui connaissent le mot d'ailleurs. Roche est la gêne, et me da roche signifie « ça me gêne trop pour le faire ». Rico s'applique à la nourriture comme aux personnes, et au Pérou comme ailleurs le second emploi est séducteur. Deux remarques de registre : une grande part de cette couche est familière et générationnelle, donc la reconnaître importe plus que la produire, et la côte, les Andes et l'Amazonie diffèrent assez pour que l'argot de Lima ne soit pas automatiquement compris à Iquitos ou à Puno.

Exemples

Para en el grifo, que estamos sin gasolina.
Arrête-toi à la station-service, on n'a plus d'essence.

Région: PE

De repente voy, todavía no sé.
Je viendrai peut-être, je ne sais pas encore.

Région: PE

Mi pata trabaja en eso, lo llamo al toque.
Un pote à moi fait ça, je l'appelle tout de suite.

Région: PE

Ponte una chompa, que hace frío.
Mets un pull, il fait froid.

Région: PE/BO/EC

Règles liées